Ma Réconciliation avec l’Equitation

Attirée par les chevaux depuis mon plus jeune âge, j’ai débuté l’équitation à l’âge de 5 ans, en club. J’ai fréquenté différentes structures et passé mes galops. Au fil des années, c’est bel et bien la passion du cheval qui s’est installée, le plaisir de monter n’était que secondaire.

A 20 ans, je deviens propriétaire d’un poney de 10 ans avec une certaine expérience en club et sur les terrains de concours de saut d’obstacles. Après plusieurs mois de découverte de l’un et de l’autre, j’ai voulu perfectionner mon équitation, qui était plutôt médiocre, dans le but de progresser et pouvoir me faire plaisir avec lui. Comme auparavant, il fallait ajuster le mors en faisant deux plis, placer ma selle en avant, sangler très fort pour qu’elle ne bouge pas. La muserolle était indispensable. En selle, il fallait que le poney soit « bas et rond », quitte à l’enrêner pour mieux le placer. Les mains venaient en contact permanent avec la bouche, les rênes très tendues. De même que l’on me demandait de me tenir avec les mollets serrés afin qu’il puisse « monter son dos ». Aujourd’hui, j’appelle cela du tire-pousse. Le cheval dans tout cela ? Peu importe, il devait se taire et obéir… Et s’il ne le faisait pas, on lui rentrait dedans !

J’ai monté ainsi pendant plusieurs mois et mon poney a fini par en payer les frais : baisse de moral, douleurs dorsales… Je ne faisais pas le rapprochement… D’autant plus que les « professionnels » qui m’entouraient m’encourageaient à continuer davantage en me disant que ça lui faisait et ferait du bien. Cette relation a fini par ne plus me convenir et ne voyant pas d’issue, j’ai préféré arrêter l’équitation et laisser mon poney se reposer plusieurs mois.

A cette époque, j’ai acquis une pur-sang arabe de 18 mois : Cidjy. Je me suis alors promise de lui offrir une vie heureuse et pleine d’amour loin de toutes les contraintes mentales et physiques de l’équitation que je connaissais… Je voulais à présent obtenir une relation complice où le cheval devient un partenaire qui prend du plaisir en présence de son bipède. Je me suis alors tournée vers la liberté. J’ai commencé par ouvrir des livres, naviguer sur internet, en m’inspirant de ce qui me semblait juste. C’est à ce moment que j’ai découvert le Clicker Training : le renforcement positif, mais oui bien sûr ! Ce fut pour moi une révélation. A partir de ce moment, Cidjy a appris de plus en plus de choses et nos liens se sont renforcés. Quant à l’équitation je n’y accordais que peu d’intérêt. Cidjy étant encore très jeune, nous avions tout notre temps. Progressivement, elle m’acceptait sur son dos au pas et sur quelques foulées de trot. Pas de réel travail, un peu de direction, arrêt, reculer le tout en licol et dans le déséquilibre total, il faut bien l’admettre…

Été 2015, je fais la rencontre de Murielle qui m’a tout de suite beaucoup intéressée de par sa culture équestre et sa recherche permanente de bienveillance… Elle est d’ailleurs l’auteure du célèbre blog Demivolteface. Suite à nos divers échanges, j’en apprends un peu plus sur l’équitation Classique. Une équitation construite pour et vers le cheval, dans sa vision globale, qui a pour but d’optimiser sa capacité physique, à faire les choses qu’on lui demande dans les meilleures conditions, sans se blesser et dans la durée.

Durant nos discussions, elle me parle longuement de son enseignement pris auprès d’Isa Danne. Cavalière professionnelle et enseignante, spécialiste de la position à cheval dont elle dispense les préceptes via un simulateur (cheval mécanique). Son cheval de tête Nagano, un entier trotteur français, est d’ailleurs l’une des preuves vivantes des bienfaits de l’équitation Classique. Monté en haute école, il avait été pourtant condamné par les vétérinaires suite à une fracture du garrot et un conflit du processus épineux (quelques années plus tard il s’est également fracturé la 3ème phalange au postérieur droit).

Je veux en apprendre plus, alors en mars 2016, je décide de participer à un de ses stages, accompagnée de mon amie Murielle. Nous avons commencé la journée par un échange où Isa nous a expliqué l’histoire de l’équitation Classique et son fonctionnement, sa façon de procéder pour le dressage d’un jeune cheval et les différents exercices qu’elle met en place. L’après-midi j’ai pu bénéficier d’une séance sur le simulateur afin d’apprendre et ressentir la position en « balancier global ».

Cette journée m’a permis de confirmer et d’approfondir les connaissances apportées par mon amie. Depuis, je réapprends totalement l’équitation… De la position du cavalier à la technique en passant par le matériel utilisé et ses réglages… Tout est différent et tellement plus évident… Je me retrouve enfin dans ce que je recherchais désespérément : une équitation respectueuse menant à l’épanouissement du cheval dans sa globalité.

Tout comme pour nous, une activité sportive bien réalisée est un gage de bien-être physique et mental pour notre cheval. Et ce, qu’il soit monté ou non. Alors évidemment, lorsqu’on souhaite monter sur son dos, cela paraît indispensable… Surtout lorsqu’on sait qu’un cheval n’est pas fait pour porter un humain et même si celui-ci nous paraît fort. Le poids du cheval étant principalement réparti sur l’avant main, l’ajout d’un cavalier n’arrangera rien. Il m’a été très enrichissant voire nécessaire de m’intéresser avant tout à la biomécanique du cheval. Afin de ne pas causer de dommage à plus ou moins long terme, le cheval doit être en mesure de nous porter avec son dos et dans un équilibre autonome et adéquat. Cet équilibre est le rassembler défini ainsi : « État de parfait équilibre résultant du fléchissement des articulations postérieures, qui entraîne allègement et relèvement de l’avant-main. Le cheval, rond, articulations fléchies, peut entamer n’importe quel mouvement, à tout instant, en toute direction. »

Le travail de renforcement musculaire et d’assouplissement de l’arrière-main du cheval est donc le travail de base d’un dressage bien conduit. Il consiste à lui offrir une gymnastique qui comprend les travaux sur deux pistes (épaule en dedans, contre épaule en dedans, renvers et travers), les transitions rapprochées, le reculer. L’objectif est d’assouplir et renforcer la musculature profonde et superficielle du cheval afin d’optimiser sa capacité physique dans le respect d’une biomécanique qui fonctionne justement et sans crispation ni douleur. La pratique régulière de cette gymnastique donnera progressivement les moyens au cheval de s’équilibrer et lui permettra aussi de réduire ses asymétries naturelles ou accidentelles (Exemple de Nagano). Il deviendra plus fort et plus souple et pourra de mieux en mieux abaisser ses hanches et pousser droit.

Toujours avec l’aide de mon amie, nous avons commencé cette gymnastique avec le travail en main. Il permet à Cidjy d’apprendre plus facilement les exercices sans la contrainte du cavalier sur son dos. Ce travail me permet également d’apprendre beaucoup. Je peux ainsi l’observer dans son ensemble sans la gêner et ainsi mieux identifier les difficultés et les points à améliorer. Le dialogue mis en place avec elle se veut très fin et subtil. Ce ne sont que les débuts et pourtant en peu de temps les progrès de Cidjy sont considérables et se ressentent une fois en selle. Son équilibre se perfectionne et je peux désormais la diriger au pas sans aucune difficulté et avec des demandes très fines. Les reculers sont de plus en plus légers, les exercices de deux pistes de plus en plus faciles. Je la sens détendue et légère. Elle mâche son mors, signe d’un bon fonctionnement mécanique.

Quelques photos du début du travail :

Je retiens également l’importance de l’état d’esprit dans lequel nous sommes. Cela peut paraître bénin mais c’est en fait ce qui fera la différence. Faire preuve de bienveillance en alliant écoute et renforcement positif. Savoir garder le contrôle de sa personne en mettant de côté toute émotion négative. Reconnaître ses faiblesses et faire en sorte de les résoudre sans avoir recours aux outils matériels tels que les enrênements et embouchures complexes. Cela engage de profondes mutations sur notre façon d’être et de ressentir les choses. Ce travail à faire sur soi, je le trouve très bénéfique et ce aussi dans la vie de tous les jours.

Merci Murielle. Merci de m’aider dans ce travail au quotidien. Merci de me faire découvrir cette équitation où l’Amour pour le cheval prend tout son sens… Merci bien sûr à Isa de nous transmettre son savoir si précieux et sans qui rien ne serait possible…

Pour aller plus loin :

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