Travail de Base à Pied

Dans cette article, vous trouverez les différents exercices de base mis en place avec Cidjy mais aussi les attitudes que j’essaie d’adopter en permanence en travaillant sur moi. Bien entendu, tout est tiré de mon expérience personnelle. Ce n’est pas un protocole à suivre à la lettre… Chaque couple homme/cheval est différent, à chacun de prendre ce que bon lui semble et d’adapter les exercices au besoin. En espérant que mes explications seront claires et pourront aider certains.

J’ai appris grâce à Cidjy que le travail à pied occupe une place très importante dans l’éducation du cheval, et ce, pour la pratique de toute discipline par la suite…

Il permet d’instaurer les 3 grands principes : CONFIANCE, RESPECT et CONNEXION.

Le cheval apprend à ne pas avoir peur de l’Humain ni de ses outils. Il apprend également à considérer et respecter son partenaire : il respecte notre bulle, ne bouscule pas et bouge quand on lui demande de bouger. On établit ensuite une connexion qui nous permet d’avoir un cheval attentif à nous.

Pour mettre en place ce travail, je pense qu’il est primordial d’apprendre à connaître et comprendre son cheval et de mettre en place des bases de travail en adéquation.

Devenir un Guide de Confiance Ferme & Juste

Le cheval recherche avant tout la sécurité. C’est pour cette raison qu’il ne vit pas seul à l’état naturel mais en troupeau (instinct grégaire) où nait une hiérarchie qui permet au groupe de mieux fonctionner.

Afin d’établir une relation de confiance, le cheval doit pouvoir considérer son bipède comme un partenaire qui saura le rassurer et le protéger. Je préfère utiliser le mot « guide » plutôt que « dominant ». Ce dernier est, à mon sens, moins adapté.

Selon moi, devenir un guide pour son cheval, c’est :

  • Se montrer sûr de soi en allant au bout des choses (ne pas avoir peur, ne pas abandonner)
  • Ne pas montrer d’hésitation (ne pas reculer devant son cheval)
  • Demander au cheval de respecter notre espace (lui apprendre à céder à la pression et donc à bouger et ce en toutes circonstances)
  • Faire preuve de fermeté tout en restant calme et JUSTE

Fermeté rime avec clarté et non avec agressivité. C’est le fait de donner des consignes claires et d’aller au bout des choses sans abandonner.

La fermeté avec le calme. Les chevaux sont très sensibles, de vraies éponges à émotion… S’énerver peut rendre un cheval craintif et engendrer une perte de confiance.

Le tout en restant juste. C’est primordial… Cela consiste à :

  • Trouver le bon équilibre dans le travail demandé. Un travail qui sera adéquat et réalisable sans trop en demander.
  • Savoir demander « crescendo », c’est-à-dire commencer par une légère pression et augmenter progressivement son intensité (poil, peau, muscle, os).
  • Relâcher cette pression et/ou ajouter du confort au bon moment : avoir le bon timing.

 

Se Remettre en Question Régulièrement

Cidjy m’a fait comprendre très rapidement que je n’arriverai à rien en m’énervant, bien au contraire puisque le peu de fois où j’ai montré ma colère je perdais plus ou moins sa confiance derrière… J’ai donc appris à prendre sur moi dans les moments difficiles en mettant le plus possible mes émotions négatives de côté pour laisser place au calme et à la patience… Lorsque je ne suis pas d’humeur pour quelconque raison, j’évite tout travail.

A présent je suis persuadée que si le cheval ne fait pas comme on le souhaite, c’est soit qu’il n’est pas en capacité physique de le faire, ou bien que la demande n’est pas suffisamment claire et compréhensive pour lui. Il se peut qu’à un moment donné, il montre moins de motivation à faire un exercice, tout comme nous d’ailleurs, mais il ne fera pas « exprès » de malfaire. Toutefois, il est possible qu’il est appris de mauvais comportements par association avec du confort.

Exemple : un cheval qui n’a pas appris à céder à la pression pourra tirer au renard lorsqu’il sentira la pression du licol sur sa nuque. S’il se détache, la pression disparaît et il retrouve alors du confort. Il est possible donc qu’il tire à nouveau au renard par la suite. Ce n’est pas de la mauvaise volonté mais bien un comportement associé au confort… J’ai eu ce problème avec Cidjy et c’est pour cette raison que je cite cet exemple. Il a fini par se résoudre en lui apprenant à céder à la pression sur la nuque. D’abord en exerçant une légère pression avec mes doigts, puis, en exerçant une plus forte pression en tirant sur la longe. Ses premières réactions étaient de lever la tête et de reculer. Je ne lâchais pas et venais tapoter son épaule avec mon stick pour l’inciter à avancer. Au moindre relâchement de sa part, grosses récompenses.

 

Lui Apprendre à Céder à la Pression

Instinctivement, le cheval résiste en sens opposé à toute pression. La nature l’a fait ainsi pour pouvoir résister aux agressions en tous genres.

Lui apprendre à céder à la pression s’avérera très utile voire indispensable pour les soins quotidiens, le travail à pied mais aussi pour le travail monté.
Ainsi il apprendra à respecter notre espace et à bouger lorsqu’on lui demande, il apprendra à suivre en licol, à donner les pieds, à baisser la tête pour mettre le filet, à ne pas s’appuyer sur le mors, à réagir à la pression des jambes, etc…

Pour que le cheval comprenne facilement et rapidement notre intention, la méthode appliquée doit être impérativement claire et précise.
Le but est alors d’exercer une pression et de la relâcher au moment même où le cheval donne un soupçon de bonne réponse.

Exemple :

Pour apprendre à Cidjy à déplacer les épaules, j’ai commencé par exercer une pression avec le doigt au niveau de son épaule en essayant de faire attention à procéder toujours en crescendo, c’est-à-dire commencer par toucher le poil, si aucune réponse la peau, puis le muscle, puis l’os. En cas de difficulté de compréhension, j’accompagne d’une voix encourageante, de claquements de langue et de gestes rapides. Au moindre relâchement de sa part, je cédais en enlevant mon doigt puis récompensais vivement.

 

L’Importance d’Avoir le Bon Timing

Avoir le bon timing est sans doute le plus difficile mais aussi le plus important car c’est ce qui fera que le cheval assimile et comprenne correctement les exercices.

Pour cela, il faut savoir ressentir et agir quasi instinctivement en :

  • Enlevant la pression à la seconde près où le cheval donne une bonne réponse dans le cas d’un renforcement négatif.
  • Récompensant LE comportement désiré afin d’augmenter les chances qu’il se reproduise dans le cas d’un renforcement positif. C’est là que le Clicker devient intéressant pour sa précision.

Exemple :
Je souhaite que mon cheval baisse la tête à l’arrêt. Pour cela 2 possibilités :

  • Renforcement négatif : j’exerce une pression avec ma main au niveau de sa nuque et je relâche la pression au moment-même où il cède même légèrement.
  • Renforcement positif : j’attends patiemment à côté de mon cheval qu’il baisse la tête de lui-même. A ce moment précis je récompense.

A noter que le renforcement négatif peut être accompagné d’un renforcement positif.

Utiliser le Langage Corporel

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Le cheval étant une proie, il doit se faire le plus discret possible dans la nature afin de ne pas se faire repérer par un éventuel prédateur. C’est pourquoi il adopte principalement un langage corporel précis et parfois très subtil avec ses congénères (positionnement des oreilles, de l’encolure, de la queue, expression du regard…).

En tant qu’être humain, nous utilisons très peu ce langage, la communication se faisant principalement par la voix. Face au cheval, nos gestes deviennent souvent peu mesurés et peuvent vite devenir incompris. Ce qui peut engendrer une désensibilisation et donc une ignorance de la part du cheval envers ces derniers (voire dans certains cas de la crainte)…

Exemple : Cas d’un cheval excité accompagné d’une personne agitée dans ses gestes. Dans ce cas il y a de fortes chances pour que le cheval soit encore plus énervé… A contrario, un cheval endormi aura du mal à devenir réactif si la personne n’augmente pas son énergie. Autre exemple, une personne qui a l’habitude de s’exprimer en faisant des gestes avec les bras. Le cheval s’habitue à ses gestes qui ne veulent rien dire pour lui et perdra vite la connexion.

En apprenant à garder le contrôle de nos gestes et en adoptant un langage corporel précis et réfléchi, on met toutes les chances de notre côté pour faciliter la communication avec notre cheval.

On dit que le cheval est notre miroir mais nous sommes aussi le sien…

Ainsi, pour augmenter l’énergie de notre cheval, augmentons d’abord la nôtre (attitude redressée, gestes rapides, pas actif, encouragements par une voix vive).

A l’inverse, diminuons notre énergie pour calmer notre cheval (gestes lents, immobilité, voix apaisante, regard doux…).

 

Gagner sa Confiance

Contrairement à nous, le cheval est une proie. Au moindre signe inquiétant, sa première réaction sera la fuite. A nous de lui apprendre que la fuite n’est pas toujours une solution par des exercices de désensibilisation en recherchant la décontraction.

Cas de figure :

Prenons l’exemple d’un sac plastique fixé au bout d’un stick et d’un cheval qui n’a pas été désensibilisé. Si on agite le stick, le cheval présentera instinctivement des signes de peur (encolure redressée, oreilles pointées en avant, yeux écarquillés, ronflement, nervosité, écarts, fuite, défenses…).

Si on arrête d’agiter le stick du fait que le cheval a peur, le cheval fera le lien suivant : quelque chose m’effraie → je montre des signes de peur → la chose qui m’effraie disparaît → je retrouve du confort. En agissant ainsi, on conforte alors le cheval à avoir peur puisqu’elle est la solution pour arrêter la chose qui l’effraie.

A nous d’apprendre au cheval que la peur n’est pas une issue en notre compagnie, mais qu’il peut avoir confiance en nous en restant calme et décontracté.

L’exercice à mettre en place consiste alors à agiter le stick (dans le cas de notre exemple) et d’arrêter seulement au moment exact ou le cheval montre un signe de décontraction : abaissement d’encolure, mâchouillement, clignement d’œil, postérieur au repos… Dans le cas où le cheval est très apeuré et ne montre aucun de ces signes, se contenter, dans un premier temps, d’une diminution de la peur : un cheval qui ralentit son allure, qui fait un pas en avant… Afin d’aider et encourager le cheval, il est important d’avoir une attitude rassurante et incitante en ayant des gestes lents, un regard détourné, une respiration lente, une voix apaisante… Le cheval étant très attentif à notre langage corporel.

Le cheval fera ainsi le lien suivant : quelque chose m’effraie → je montre des signes de peur → la chose continue de m’effrayer → je commence à me calmer → la chose disparaît → je retrouve du confort.

Le cheval associera très vite qu’en se décontractant la chose qui l’effraie disparaît et qu’il n’y a donc pas de raison d’avoir peur puisque celle-ci ne résoudra pas son problème.

Remarque :

Selon les degrés de peur, il est important d’adapter sa méthode… Celle que je décris ne sera pas adaptée à un cheval présentant un degré de peur extrême se traduisant par de la panique telle que les écarts, la fuite voire pire les comportement de défense (cabré, agressivité…).
Dans ce cas, pour ne pas risquer de provoquer trop de stress et par sécurité, il sera préférable d’agir :

  • Par habituation en mettant l’objet en question dans le pré par exemple). Le cheval s’habituera ainsi progressivement à ce dernier et comprendra qu’il n’y a aucun danger.
  • Par approche/retrait en approchant doucement et progressivement l’objet vers le cheval. En cas de peur, éloigner l’objet et revenir petit à petit. Avec le temps et les répétitions, le cheval comprendra que l’objet en question n’est pas dangereux.

 

Varier les Séances

Je pense qu’il est très important de varier le travail demandé afin de ne pas risquer de lasser notre cheval.

Pour ma part, je propose régulièrement différentes activités comme les balades à pied, les jeux en liberté, du travail aux longues rênes, des séances de gymnastique, de la désensibilisation…

Mais aussi des séances de défoulement, de broutage, de pansage voire simplement d’un moment gratouilles dans le pré…

J’essaie également de ne pas prévoir à l’avance mais plutôt d’être à son écoute et d’adapter les séances en fonction.

Je tente de changer de temps en temps le lieu des séances : rond de longe, carrière, pré…

 

Se Contenter de Peu & Récompenser Beaucoup

La patience est l’une des clés de la réussite ! Sans elle, rien n’est possible dans la complicité… Tout est question de temps… Je pense qu’il est primordial de savoir être à l’écoute et ne pas trop en demander. Il faut se contenter de peu et ne pas vouloir aller trop vite… Les exercices doivent être appris progressivement et en fonction du cheval. En cas de blocage ou d’incompréhension, ne pas hésiter à revenir à l’étape précédente.

Pour que les exercices restent acquis, il faut les revoir régulièrement.

Pour apprendre et comprendre chaque demande, le cheval doit trouver du confort à la moindre bonne réponse. On peut aussi parler de récompense :

  • Arrêt de la demande / pause (calme total, ne rien demander, regarder ailleurs, respirer lentement, aucun geste)
  • Caresse ou gratouille à un endroit où le cheval apprécie
  • Friandise

Personnellement j’utilise beaucoup la friandise en travaillant avec le Clicker, c’est la récompense préférée de Cidjy (et de beaucoup d’autres je pense).

J’utilise aussi beaucoup les gratouilles et je fais beaucoup de pauses. En cas de gros progrès, je n’hésite pas à donner beaucoup de récompenses voire même à arrêter la séance pour aller brouter. J’utilise également beaucoup la voix en prenant une intonation positive pour encourager.

Le cheval étant très sensible au touché (il arrive à sentir une mouche se poser sur son poil), je préfère des caresses douces et non sous forme de claques comme on nous a souvent appris.

 

Captiver son Attention

Afin de garder Cidjy attentive, j’ai mis en place 3 principaux exercices :

  • Le tapotement de l’épaule avec le stick pour venir à moi : d’abord en longe pour qu’elle comprenne puis en liberté une fois compris. Je crée d’abord un espace entre moi et Cidjy. Ensuite, je vais chercher sa mise en avant en allant tapoter doucement son épaule avec mon stick. Là encore, j’essaie d’agir crescendo tout en ayant le bon timing. Le but est d’arrêter immédiatement à la moindre bonne réponse (même infime). Dans le cas d’une incompréhension, se servir de la longe pour avancer et permettre plus facilement la compréhension. Avec l’utilisation du Clicker, Cidjy a compris très facilement et rapidement. Désormais, la simple approche du stick la fait venir vers moi.
  • Les transitions en main inattendues : réalisé le plus souvent en balade en main. On marche ensemble, je m’arrête subitement et Cidjy doit en faire de même. Si elle me dépasse, je la fais reculer. Ensuite départ au trot du pas, puis arrêt. Je me sers du tapotement sur l’épaule et j’augmente mon énergie par des gestes rapides et la voix si elle n’est pas suffisamment réactive. Cidjy se prend beaucoup au jeu.
  • Droite/gauche : exercice proposé par Jean-François PIGNON qui consiste à jouer sur les hanches afin d’obtenir un cheval extrêmement concentré, qui réagit au moindre déplacement de son dresseur. Je commençais l’exercice en licol en me plaçant arrêtée face à Cidjy. Ensuite, je faisais 2 ou 3 pas comme si je voulais marcher autour d’elle sans tirer sur la longe. A ce moment-là, elle devait déplacer ses hanches afin de garder son avant main vers moi. Si elle ne bougeait pas, je l’incitais à bouger ses hanches en tapotant crescendo avec mon stick au niveau du grasset. L’exercice était répété plusieurs fois à gauche et à droite. Complémenté du Clicker, Cidjy a très vite compris et je n’avais plus besoin de la toucher. Seulement un pas et elle bougeait.
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